Depuis quelques mois j’ai été exposé à cette théorie dans divers contextes reliés au marketing et j’ai décidé d’approfondir le sujet afin de bénéficier de sa compréhension. Nous commencerons par un court hisorique du travail entourant cette théorie et continuerons en soulignant les implications directes de cette théorie sur ce qui nous inréresse vraiment : les marques et la communication marketing.
Sachons tout dabord que la théorie du »Double Jeopardy » provient d’un ouvrage du sociologue William McPhee nommé »Formal theories of mass behavior » publié en 1963. La théories découle de l’observation de comportements de consommation à grande échelle et cherche à expliquer le plus grand succès (en terme de popularité et d’appréciation) d’un item d’une catégorie de produits (E: les livres) par rapport à un autre de la même catégorie qui en connaît moins.
Il a expliqué ce fait à travers sa »Theory of Exposure » qu’on pourrait traduire par théorie de la familiarité. Voici une explication de la théorie fournie par la Professeure Anita Elberse dans son article »Should you invest in the long tail » dans la publication juillet-août de la Harvard Business Review.
McPhee noted that “the larger the proportion of the people [unfamiliar] with a given alternative,… the less likely are those who are familiar with it to like it especially.” Thus, he said, although we might believe that “the out-of-the-way book is at least a delight to those who find it,” in reality, the more obscure a title, the less likely it is to be appreciated. The people who choose obscure products tend to be familiar with many alternatives; those who know of few alternatives tend to stick with popular products. McPhee described this concept as double jeopardy because niche products have a double disadvantage: First, they are not well known; second, when they become known, it is by people who “know better” and prefer the popular products.
Donc il est pertinent ici de souligner l’apport de cette théorie qui explique la distribution naturelle entre les marques plus populaires et appréciées et celles qui le sont moins. On peut aussi y voire un réfutation de la théorie de la longue traine (long tail) de Chris Anderson qui traite des circuits de distribution en ligne mais là n’est pas notre objectif aujourd’hui.
Le »Double Jeopardy » va dans le même sens que le livre »The winner take-all society » des économistes Robert Frank et Philip Cook qui nous prouvent que les produits les plus populaires sont les plus rentables pour le fournisseur. Suite à cette popularité, les préférences, les attitudes et les habitudes d’achats des consommateurs tendront (du moins sont suceptibles) à converger vers les produits les plus populaires ce qui aura comme effet amplificateur d’en rehausser la popularité, ce qui en rehaussera encore plus l’attrait et ainsi de suite. Bref une société mené par les »blockbuster » (grand succès commercial) .
La théorie de Mcphee fut revisitée par le professeur Ehrenberg afin de comprendre le rôle de la loyauté envers les marques (brand loyalty) dans ce phénomène. Ses recherches portèrent sur le degré de familiarité face à l’objet de l’achat et de la décision d’achat en découlant. Voici une généralisation du postulat du travail du Professeur Ehrenberg faite par Erik Duplessis de chez Millward Brown dans son livre »The Advertised Mind : Ground-breaking insights into how our brain respond to advertising »:
To paraphrase and generalize this: the occasionnal category user needs to think about wich brand to choose, but the heavy user made their decision long ago.
Voici qui suit quelques explications de facteurs de familiarité avec la marque qui peuvent être altérés par les communications qui vous permettront d’alimeter votre réflexion sur les effets du Double Jeopardy :
La marque habituellement achetée joue un rôle important dans le choix des gens. C’est normal car cela simplifie beaucoup l’opération de décision et n’oblige pas notre cerveau à comparer plusieures marques selon plusieurs attributs. Cette marque occupera normalement le plus haut échelon de ladite catégorie mentale dans la perpective Al Ries et Jack Trout mise de l’avant dans »Positionning : the battle for your mind ». Elle est alors plus suceptible d’être considérée spontanément.
Le capital mental de la marque y jouera un rôle aussi prépondérant. Le capital mental de la marque représente l’espace occupé dans la tête des consommateur (au sens conceptuel). Plus l’espace occupé sera grand (diversité et richesse conceptuelle), plus la marque reviendra spontanément en considération lors d’opérations de rappel suite un stimuli quelconque dans un contexte de décision d’achat concernant ladite marque. Un enjeux important à souligner ici est de cartographier d’une manière quelconque ce concept de la marque dans la tête des prospects.
Le degré d’appréciation de la marque (brand liking) par le consommateur aura un effet modérateur dans sa décision d’achat. Le degré d’apprécition se développe après l’utilisation et l’exposition à une marque. Il s’agit d’une prédisposition émotionelle envers la marque qui jouerait entre autre un rôle dans l’appréciation des communications (ad liking) et dans l’accord d’attention à des stimuli de la marque (level of awarness) dans l’environnement.
Les marques les plus populaires monopolisent (attirent) les consommateurs. N’ayant pas d’expérience (la familiarité) avec le produit cautionné par une marque, nous chercherons donc de l’information et nous aurons propension à choisir ce qui nous semble être le plus populaire chez nos pairs (affiliation). Le phénomène de la peur du rejet social expliquerait pourquoi nous préférons nous fier aux avis d’inconnus à qui nous pouvons nous apparenter dans le choix d’une marque (Ex : les forums et communautés en ligne) plutôt que de prendre une chance et de se tromper ou pire de consulter le site web de la compagnie.